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De l'échec à la réussite — Comment un revers m'a propulsé vers l'électronique
Parcours
23 mars 20244 min

De l'échec à la réussite — Comment un revers m'a propulsé vers l'électronique

Guy WASSEU

Auteur

Chers lecteurs, je suis ravi de vous retrouver dans cette deuxième étape de mon parcours, « De l'échec à la réussite ». Aujourd'hui, je vous montre comment un échec m'a conduit à embrasser ma véritable vocation.

Un choix implicite

Si vous vous souvenez de la première partie, j'ai abordé le choix crucial entre l'École Polytechnique de Yaoundé et la bourse en électronique à Bruxelles. En choisissant de rester dans mon pays, j'ai aussi fait le choix implicite de devenir mon propre employeur plutôt que de chercher un emploi hypothétique à la fin de mes études.

Des bourses providentielles

À cette époque, l'École Polytechnique de Yaoundé octroyait des bourses mensuelles aux étudiants, allant de 40 000 FCFA en première année à 60 000 FCFA en cinquième année, avec une augmentation de 5 000 FCFA par an. Autrement dit, non seulement l'école était gratuite, mais nous étions rémunérés pour étudier. C'était un rêve devenu réalité.

Pour comprendre comment j'ai utilisé ma bourse, il faut savoir que j'ai toujours été quelqu'un de généreux, dépensant souvent plus pour les autres que pour moi-même. Cela vient certainement de ma mère, qui me donnait de l'argent lorsque nous allions au village étant enfant, afin que je le partage avec les habitants. Voir le bonheur que cela procurait aux autres a façonné ce trait de caractère en moi.

Sachant que je n'étais pas doué pour économiser, j'ai décidé d'investir systématiquement dans l'amélioration de mon cadre de vie. Ma première bourse a servi à rénover la chambre que mon père m'avait attribuée : j'ai crépi et repeint les murs, remplacé les ouvertures en bois par des portes et fenêtres en fer. Ma bourse de deuxième année a été consacrée à l'achat d'équipements, comme une télévision, et j'ai pris l'habitude d'acheter un sac de riz chaque mois pour la maison familiale, sans oublier un geste envers ma grand-mère, qui fut plus qu'une mère pour moi.

L'arnaque et la leçon

Tout allait bien jusqu'aux problèmes de la troisième année. Nous avons reçu le premier trimestre de bourse, soit 50 000 FCFA, et grâce à une tontine étudiante, j'ai reçu 90 000 FCFA supplémentaires. Ce jour de décembre 1991, je me sentais incroyablement riche avec 240 000 FCFA en poche. J'ai décidé de m'offrir un magnétoscope et un home cinéma, très prisés à l'époque.

Malheureusement, j'ai été victime d'une arnaque au marché central. Un vendeur m'a abordé dans la boutique d'un commerçant et m'a fait croire que mes 240 000 FCFA ne suffisaient pas pour les deux équipements. Il m'a proposé de me conduire chez un grossiste qui me les vendrait pour 200 000 FCFA. Je me suis précipité, lui ai remis l'argent naïvement, et il a disparu sans laisser de trace. J'étais tombé dans une escroquerie bien orchestrée.

Ce jour-là, j'ai ressenti un mélange de colère, de déception et de honte. J'avais gaspillé une somme considérable. Mais au lieu de me laisser abattre, j'ai décidé d'en tirer une leçon et de transformer cette expérience en opportunité de croissance.

La découverte de ma passion

J'ai commencé à réfléchir à la manière dont je pouvais utiliser mes compétences pour créer de la valeur et avoir un impact positif. C'est là que j'ai réalisé que l'électronique était ma véritable passion. J'ai toujours été fasciné par les circuits et les composants, et j'avais déjà des bases grâce à mes études.

J'ai décidé de devenir un expert. J'ai utilisé mes bourses suivantes pour acheter des livres, des composants et du matériel de laboratoire. J'ai passé des heures à étudier et à expérimenter, à construire des circuits et à résoudre des problèmes. Peu à peu, j'ai réalisé des projets concrets : un amplificateur audio de haute qualité, un système de surveillance à distance, et même un petit robot.

Conclusion

Cet échec initial a été le catalyseur qui m'a propulsé vers ma véritable vocation. Ne laissez pas les revers vous décourager : utilisez-les comme des opportunités d'apprentissage. Parfois, nos plus grands échecs deviennent les fondations solides sur lesquelles nous bâtissons notre succès.

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