
IA en Afrique : un marché estimé à 16,5 milliards de dollars d'ici 2030, selon Mastercard
Guy WASSEU
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Le marché de l'intelligence artificielle en Afrique est évalué à 4,51 milliards de dollars en 2025 et pourrait atteindre 16,53 milliards en 2030, selon l'étude « Harnessing the transformative power of AI in Africa » publiée par Mastercard. Cela représente une croissance annuelle moyenne de l'ordre de 27 % — l'un des rythmes les plus élevés au monde, quoique sur une base encore modeste.
Ce qui tire la croissance
L'étude identifie plusieurs secteurs où l'IA produit déjà des effets concrets : la finance, la santé, l'agriculture, l'énergie et la gestion urbaine. Elle cite des exemples précis. Au Ghana, la plateforme Farmerline utilise des modèles d'IA pour améliorer la productivité agricole. Au Kenya, des services financiers comme M-Pesa et M-KOPA s'appuient sur la notation de crédit par IA pour étendre l'inclusion financière à des populations sans historique bancaire. Autrement dit, l'IA se diffuse d'abord par les usages qui répondent à un besoin non couvert, plus que par la technologie pour elle-même.
Les freins, eux aussi bien réels
Le même rapport ne masque pas les obstacles. Les infrastructures restent insuffisantes et très concentrées : d'après l'étude, l'essentiel des capacités de centres de données du continent se trouve en Afrique du Sud. S'y ajoutent une pénurie de talents en IA et en science des données, un accès inégal à Internet, l'absence de cadres de gouvernance aboutis, et la faible prise en compte des langues africaines — plus d'un millier — dans les modèles existants.
Ce que ça change
Pour un entrepreneur africain, ces chiffres disent deux choses à la fois. Le potentiel est là, et il est quantifié : un marché qui triple en cinq ans laisse de la place à des acteurs locaux capables de bâtir des applications adaptées au terrain — langues, moyens de paiement, contraintes de connectivité. Mais la valeur ira d'abord à ceux qui règlent les goulets d'étranglement : l'énergie, les centres de données, la donnée en langue locale, la formation. La question n'est pas de savoir si l'IA transformera les économies africaines, mais qui, du continent ou de l'extérieur, en captera la valeur.
Illustration : centre de données — Wikimedia Commons.
Sources
- Intelligence artificielle : le marché africain croîtra de 27 % par an d'ici 2030, à 16,5 milliards $ (Mastercard) — Agence Ecofin
- L'IA en Afrique : un marché à 16,5 milliards de dollars d'ici 2030, selon Mastercard — Afrique IT News
- Marché de l'IA en Afrique : jusqu'à 16,5 milliards de dollars d'ici 2030 — La Vie éco
